dimanche 9 mai 2010

Un jour, les procrastinateurs domineront le monde. Mais pas maintenant, demain.

Chez moi, il y a deux chapeaux en aluminium, pour protéger ses pensées des escargots extraterrestres. L'un à une hélice à son sommet, l'autre trois cornes.
Il y a un cabinet de curiosité vide, et un énorme radis samouraï, et puis Leopoldine.

Chez moi, il n'y a surtout personne.
Comme le calme après la tempête, je me laisse bercer par les roulis de mon cerveau et les envolées d'un piano. Ce sont des moments d'apesanteur, quand l'esprit n'a pas encore réalisé ce que le corps a compris. Et que tout se relâche d'un coup, et que la tension, la fatigue, nichée au creux du dos, se dénoue d'un seul coup, si vite que c'en est douloureux.

Je n'ai pas encore pris ma douche. Ni mon café.
J'ai rangé la maison et c'est à se demander s'il s'est passé quelque chose ici...

dimanche 2 mai 2010

Au travers d'une pelouse à carreaux...

... J'ai mangé un petit pain, d'un vert tendre, qui, quand je me concentrais, avait un goût de pâte d'amande.
C'était au bord de la rivière, et les mouettes dormaient encore.

mardi 6 avril 2010

De l'emprise, de la dépendance.

C'était peut-être des mots un peu durs.
Des mots pour se libérer, de quelque chose de lourd à porter. De l'emprise.
Il n'aime pas le conflit. Ce sont des choses d'adulte. Et, malgré sa nouvelle place au soleil, malgré sa croissance, affronter la réalité n'est toujours pas une chose qu'il est prêt à faire.
Il a ouvert grand les yeux, pleuré un peu. Ça lui tombe dessus "comme ça", dit-il. Il ne s'imaginait pas. Malgré mon insistance pour lui montrer les nuages, il a gardé le nez baissé et s'est prit le grain, violent. Alors, évidement, que ça lui tombe dessus, "comme ça".


Il laisse des ronds de café à chaque tasse.
Il y a quelques jours, je lui ai montré comment s'épluchait une banane.


Je ne sais vraiment pas quoi faire de cet homme-là.

samedi 3 avril 2010

Les biscottes qui ne tomberont pas par terre resteront collées au plafond.

Je me suis fais un thé.
Deux petites biscottes beurrées attendent sagement près de la tasse fumante.

Il pleut à verse. Le chat a pris mon lit dès que je l'ai quitté.

"Tu es sûre, tu ne veux pas venir ?
- Non."

Hier soir, la douche de cette pluie aussi brève que diluvienne était euphorisante. La course, sous l'eau du ciel, grisante. Le chemin détrempé ressemblait à la rivière qu'il accompagne.
J'avais l'impression effrayante de courir sur l'eau. Impression accompagnée de la menace, bien plus réaliste, de tomber dans une flaque invisible.

Les averses tombaient en biais, poussées par le vent autant que je l'étais. Et puis, les nuages se sont brusquement éloignés, et malgré mes efforts pour les rattraper, ils ont préférés se diriger vers la mer.

Alors je suis rentrée, trempée et boueuse sous une nuit lumineuse.


Ce matin, regarder les nuages se déverser m'apaise.

Au milieu du jardin, une tulipe rose se dresse, très droite, alors qu'au plus fort de la pluie, la lumière a vacillé quelques instants.

A l'abri derrière ma vitre, mon thé m'a brûlé la langue.